Atlas en bronze à patine naturelle. Nu et à genoux, le Titan - Lot 303

Lot n° 303
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Estimation :
5000 - 7000 EUR
Atlas en bronze à patine naturelle. Nu et à genoux, le Titan - Lot 303
Atlas en bronze à patine naturelle. Nu et à genoux, le Titan courbe le dos pour supporter sur son épaule une sphère représentant le Monde (ici absente). Visage atelier de Severo Calzetta da Ravenna (Ravenne 1465/1475 Ravenne 1538), Vénétie, Padou ? Premier tiers du XVIe siècle H. : 11,5 cm (manques visibles) La représentation du Géant Atlas, qui porte sur ses épaules le ciel tout entier et toutes ses étoiles (Ovides, Métamorphose, IV, 653), appartient à un ensemble plus important dont la réalisation complète est conservée au musée de la Frick Collection de New-York (inv N° 1915.2.24.) sous la forme d’un encrier et d’une lampe à huile. D’autres versions sont toutes incomplètes, notamment celle du Bode Museum de Berlin (inv N° M 39/100) qui ne possède que la partie formant lampe. On peut citer également un exemplaire de la collection du Comte d’Yanville passé en vente le 27 février 1907 (étude Chevalier-Bivort, Paris-Drouot, lot 67) qui ne représente que le Titan. L’attribution de ce bronze a été le sujet de beaucoup de confrontations. L’encrier de la Frick Collection, qui provient de la collection Spitzer, fut vendu à Paris en 1893 à John Edward Taylor et acquis en 1915. Il était attribué à Riccio par les experts de la vente du 9 octobre 1912 chez Christie’s (lot 21). Mais les études de Charles Avery et d’Anthony Radcliffe ont permis d’établir une autre attribution pour l’encrier de New-York. Il est frappant de constater un lien de similitude avec la figue de satyre de Severo da Ravenna dont une version est conservée notamment au musée du Louvre ; la composition est similaire ainsi que le visage et la barbe. Le couvercle de l’encrier de la Frick Collection est également rapproché d’un vase de Severo de Ravenna conservé au musée du Bargello de Florence portant les mêmes décors. On observe des variantes dans les différentes versions connues notamment la position de la jambe droite et du pied qui est parfois surélevé semblant ainsi flotter. Tous ces rapprochements qui ont fait apparaître de grandes similitudes et quelques différences ont permis aux historiens d’art de faire figurer ce modèle d’Atlas dans le corpus du grand sculpteur Severo da Ravenna. Ouvrages consultés : V. Krahn, Bronzetti Veneziani, Die enezianischen Kleinbronzen der Renaissance aus dem Bode-Museum Berlin, 2003, cat 15, p 72-74 P. Malgouyres, De Filarete à Riccio, Bronze italiens de la Renaissace (1430-1550), La collection du musée du Louvre, 2020, pp 195-212. Expert : Benoît BERTRAND
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