LINE & CLAUDE MALESPINE (1914-2005) & (1914-2014) - Lot 148

Lot n° 148
Aller au lot
Estimation :
4000 - 8000 EUR
LINE & CLAUDE MALESPINE (1914-2005) & (1914-2014) - Lot 148
LINE & CLAUDE MALESPINE (1914-2005) & (1914-2014) " Le Divin et Le Cosmos " 1956, pièce unique réalisée pour un appartement de Clermont-Ferrand Très important panneau décoratif en 8 éléments formant la composition titre. Laque dite [de Byzance] ; gravée et laissant apparaître le blanc de zinc, enrichie de feuille d'argent et de feuille d'or (pour les sabots et la corne de la licorne, les signes du zodiaque et différents attributs). Signé et daté (en chiffres romains) sur un des panneaux dans un cartouche formé d'un bateau ou d'un mitre Line Claude MALESPINE MCMLVI. Chaque feuille : H. 265 cm - L. 60 cm Panneau : H. 265 cm - L. 481 cm Traces de coulures d'eau, griffures diverses, altérations éparses à la laque. Provenance : Succession X., Clermont-Ferrand. Œuvre réalisée en 1956 pour l'appartement de la défunte et de son époux. Expert : Emmanuel Eyraud Line & Claude MALESPINE ; entre ésotérisme et spiritualité Line et Claude Malespine, peintres à l'œuvre indissociable, formèrent un couple d'artistes dont les réalisations s'ancrèrent profondément dans le spirituel et le divin1. Formés l'un et l'autre à l'École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris, dans l'atelier d'André Devambez (1867-1944), ils travaillèrent conjointement tout au long de leur vie, donnant ainsi naissance à une œuvre commune dont les recherches plastiques oscillèrent entre figuration et abstraction et furent marquées de leurs sensibilités respectives. Mus par une spiritualité certaine, ils s'intéressèrent très tôt aux représentations religieuses, dont ils apprirent les techniques, à l'instar du procédé de la tempera et de l'écriture des icônes. S'appropriant ces artisanats séculaires, ils créèrent une laque, dénommée " laque de Byzance ", dont ils usèrent pour décorer meubles et paravents. S'ajoutent au corpus de leur œuvre, de multiples réalisations de peintures murales qu'ils conçurent pour des églises à travers la France, ainsi que des décorations uniques qu'ils imaginèrent pour des commanditaires privés. Certaines de leurs créations furent exposées dans les différents Salons des Artistes Décorateurs de l'époque et aux Expositions Universelles de Bruxelles et de Montréal. En parallèle de leurs recherches artistiques, le couple veilla également à transmettre son savoir-faire, comme en témoignent la nomination en 1952 de Claude à la direction de l'École des Beaux-Arts de Clermont-Ferrand et celle de Line comme professeure dans le même établissement. Le panneau décoratif présenté ici illustre parfaitement les explorations artistiques de Line et Claude Malespine autour de la spiritualité et de l'ésotérisme. Cette importante représentation présente assurément de nombreux symboles qui invitent à une lecture approfondie de l'œuvre, dont il s'agit de saisir toute l'étendue narrative. Se mêlent ici signes astrologiques, motifs empruntés à l'iconographie chrétienne, tracés géométriques, astres et autres figures mystiques. Au centre de cette composition complexe se trouve une figure masculine assise sur le dos d'un équidé identifiable, par la corne dorée et argentée trônant au sommet de son front, à une licorne. Ce groupe de figures est inscrit au sein d'un cercle partiellement tracé, lui-même inscrit dans un pentagramme révélé par de multiples lignes droites sécantes qui structurent toute la composition. À gauche, la représentation se prolonge en un ensemble de cercles révélés par un jeu de diagonales, et au sein desquels sont figurés plusieurs signes astrologiques - on aperçoit le lion, le cancer, le verseau, le scorpion et le gémeaux. En réponse à cette configuration céleste se trouve à droite du panneau une figure féminine assise sur un autre cercle né de cet ensemble de droites. La figure effleure de sa main droite un nouveau cercle, blanc et lumineux, identifiable à la Lune. Rapprochés des symboles de la religion et des sciences mystiques, tous ces motifs prennent alors sens. En effet, la figure masculine qui domine la composition, pourrait, en raison de ses attributs, être celle du Christ. Le geste de sa main droite peut s'identifier au signe de bénédiction attribué au Christ Pantocrator, ou Christ en gloire - les deux doigts dressés symbolisant sa double nature humaine et divine, et les trois autres, repliés, incarnant la Trinité. Par ailleurs, le halo de lumière auréolant sa tête informerait de sa nature divine ; le dessin d'une croix sur son torse, bien qu'intégré au tracé de sa figure, évoquerait la Sainte-Croix ; enfin sa main gauche saisissant l'une des diagonales de la composition rappellerait son bâton de berger. Parallèlement, la licorne, animal fantastique apparu dans les bestiaires médiévaux, revêt des significations en lien avec la pureté, la Vierge et, dans certains cas, avec le Christ lui-même. S'ajoute à cela la structure géométrique de la composition dans laquelle le cercle incarne l'unité et la complétude, par conséquent le divin, et le pentagramme symbolise l'homme - invitant ainsi le spectateur
Mes ordres d'achat
Informations sur la vente
Conditions de vente
Retourner au catalogue